Bases théoriques :

La théorie psychogénétique de l'identité et le diagnostic identitaire

 

Les travaux concernant le sujet en titre ont débuté fin 1978, début 1979. Ils ont fait l’objet d’une première publication en 1979. La théorie reprend à son compte le concept qui est au cœur d’à peu près toutes les théories qui ont été et qui sont encore offertes en orientation, à savoir que s’orienter, c’est traduire le sens que l’on donne à sa vie (son identité) en termes professionnels. Malheureusement, toutes les théories ou presque ont insisté avec Don Super que l’identité dont il s’agit est l’identité consciente.

 

William James (1890), pourtant, l’avait déjà bien vu. Dans « Précis de psychologie » (Principles of psychology) publié cette année là (paru en français en 1942), il soutenait déjà que le contenu des trois concepts de soi était essentiellement le résultat de l’action de ce qu’il appelait le pur Ego. Cette activité, soulignait-il, n’est pas consciente et, à travers une métaphore qu’il serait trop long de décrire ici, il soutenait qu’elle était essentiellement catégorielle.

 

Ainsi donc, l’Ego, à travers la catégorisation, organise l’expérience actuelle des personnes en la mettant en relation avec leurs expériences antérieures, de façon automatique et instantanée. Cette propriété de l’Ego est intéressante parce qu’elle permet de rendre compte pourquoi les gens nous disent si souvent : « Je sais bien que je ne devrais pas faire cela (penser cela, etc.), mais je ne peux pas m’en empêcher.  En réalité, ce que cela signifie, c’est qu’une personne ne devrait pas pouvoir s’empêcher de s’orienter comme il semble que ce soit si souvent le cas.

 

Les catégories produites par les personnes ne sont ni vraies, ni fausses, ni bonnes ni mauvaises. Elles nous révèlent seulement les stratégies perceptuelles (catégorielles) auxquelles les personnes ont recours pour organiser leur expérience. À cet égard, Messier (2001) disait : « Un individu dispose d’un « filtre » […] qui lui sert pour l’analyse du monde […] Les éléments qui se présentent à lui sont disposés dans des catégories à partir desquelles il juge les choses, des personnes et des événements […]. » Ce sont les propriétés des stratégies (ou les filtres) utilisées par les personnes, telles qu’identifiées à l’aide de l’épreuve Groupement, pour organiser leur expérience du monde qui permettront d’anticiper leurs conduites éventuelles dans diverses situations de vie, que ce soit dans le contexte scolaire, professionnel ou personnel.

 

Les principales hypothèses de la théorie psychogénétique de l’Identité (Bégin, 1998) sont à l’effet que les personnes recherchent des milieux de vie et de travail qui correspondent à leur niveau de complexité. Elles soutiennent encore que la catégorisation croît en complexité avec les pressions adaptatives qui s’exercent sur le système psychologique. Par ailleurs, la croissance en complexité du système cognitif responsable de la construction de l’identité n’est ni nécessairement ni même généralement uniforme d’un univers de contenu à un autre. Ce sont ces hétérogénéités du système cognitif qui permettent de déterminer le degré d’organisation (ou de désorganisation) identitaire. Finalement, la théorie soutient que la « désorganisation » identitaire d’une personne ne sera que peu ou pas manifeste si le milieu lui fournit des modèles de conduite et des attentes claires et cohérentes, procurant ainsi à l’individu un cadre qui palliera aux déficits de l’identité.

 

L’intérêt de l’épreuve Groupements réside justement dans sa capacité de faire ressortir ce qui précisément empêche les individus de s’orienter, d’agir dans leur propre intérêt comme ils le souhaitent tant, mais sans y parvenir.

 

Premier point donc, l’épreuve Groupements permet d’identifier de façon significative les inhibiteurs de l’orientation des personnes. Mais plus encore, de donner une forme à ces inhibiteurs : indécision pour les questions personnelles, syndrome de l’intimité et de l’engagement qui rend les gens instables autant dans leur vie personnelle que professionnelle, difficultés avec l’autorité, à se conformer aux règles, à se faire confiance, etc. La liste de ces difficultés est longue.

 

La formation vous apprendra à identifier ces problèmes, vous permettra de vous perfectionner constamment à travers la liste de discussion Identité, vous aidera à faire confiance à vos ressources personnelles pour vous attaquer aux problèmes d’identité, et pourra même vous permettre d’envisager vous spécialiser dans leur traitement, notamment dans le cadre du programme de formation à la psychothérapie.