La formation à l'intervention

L'intervention psychogénétique

 

L’intervention dans la perspective psychogénétique vise essentiellement à évaluer l’état du système psychologique au plan synthétique (celui qui a pour fonction de donner un sens à nos expériences et traite celles-ci à notre insu) dans un premier temps et à favoriser le développement et l’équilibre des schèmes catégoriels (opérateurs mentaux) nécessaires à l’intégration des expériences de manière relativement univoque (au niveau de la complexité) dans un deuxième temps.

 

La puissance du système psychologique est fournie par les périodes qui apparaissent dans la production des individus à l’Épreuve Groupements. Bien que l’équilibre du système ne pose guère de problème lorsqu’une seule période (niveau de complexité) est représentée dans le protocole (résultat à l’É.G.), il n’en va pas ainsi lorsque plusieurs périodes sont présentes. On remarquera alors la présence d’anxiété, d’impulsivité et certaines difficultés à répondre aux demandes spécifiques de l’environnement, etc.

 

La ou les périodes de production indiquent directement la complexité des stimulations dont aura besoin le système pour fonctionner afin de s’y sentir relativement à l’aise. L’intervention visera donc à permettre à la personne de s’adapter adéquatement aux diverses situations en terme de complexité.

 

Pour ce faire, on s’intéressera davantage aux schèmes que possède la personne qui consulte qu’aux éléments rationnels qui l’amènent à venir nous rencontrer. L’idée étant de “remettre en ordre” le système synthétique qui permet d’aborder les situations sous un angle différent et par la suite de mettre en place les solutions appropriées. C’est donc de la “machine à faire du sens” dont il faut s’occuper plutôt que de tenir uniquement compte des éléments de contenu problématiques présentés par le client.

 

Bien entendu, l’analyse de la production à l’Épreuve Groupements des individus et les attentes qui en découleront doivent aussi tenir compte du milieu dans lequel les individus évoluent et des conditions particulières qui y prévalent. De cette façon, il est bien possible que deux productions très similaires donnent lieu, contextuellement, à des états psychologiques très différents.

 

Finalement, nous sommes conscients qu’il n’existe pas de recette permettant de définir de façon univoque une échelle de puissance des systèmes psychologiques, pas plus qu’il n’en existe pour définir le degré d’organisation de ces systèmes psychologiques. Le jugement du clinicien est ainsi toujours essentiel pour apprécier de manière adéquate les productions analysées et l'importance des déficits qu'elles peuvent révéler.

 

Nous savons tous que les schèmes mentaux ne changeront pas uniquement parce que l'intervenant le souhaite.  Dès lors, il y a lieu de créer des pressions (ou d'en enlever, le cas échéant) sur les sous-systèmes catérogiels déficitaires qui affectent le client, de manière à rendre la restructuration incontournable

 

L'intervention au plan identitaire ne s'intéresse pas tellement aux modalités adaptatives (les comportements) que mettront en oeuvre les individus dans le futur.  Cette remarque s'applique aussi bien à la nature de la profession dans laquelle l'individu cherchera à actualiser son Soi public, qu'à la relation de couple ou aux relations d'amitiés, etc., qui lui permettront de réaliser son Soi privé.  Si donc l'intervention identitaire a pour objet principal de rendre à l'individu l'intégrité de ses ressources psychologiques de manière à ce qu'il puisse faire appel à l'ensemble organisé de son expérience pour s'insérer dans le monde, le diagnostic sert précisément à identifier les mécanismes ou les lacunes structurales qui viendront perturber cette insertion.

 

La formation à l'intervention psychogénétique ne vise pas à donner des "façons de faire" ou de "dire" toutes faites à l'intervenant.  Elle visera surtout à rendre efficace les ressources que l'intervenant possède.  On peut imaginer assez facilement que ce genre d'intervention peut prendre place autant dans le milieu familial (les parents créent généralement des pressions qui mèneront leur enfant à réorganiser ses schèmes catégoriels) qu'en classe (les professeurs dont nous nous souvenons sont généralement ceux qui nous ont "obligés" à aller plus loin) et ailleurs.